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Les entreprises européennes sont favorables à la transition énergétique mais les moyens mis en œuvre ne sont pas à la hauteur

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SOUS EMBARGO JUSQU’AU 3 DÉCEMBRE 2015 À 15 H 30 

Les entreprises européennes sont favorables à la transition énergétique mais les moyens mis en œuvre ne sont pas à la hauteur

Une étude de la KIC-Climat montre que les entreprises européennes privilégient le changement progressif et ne disposent pas des compétences qui permettraient d’accélérer l’innovation afin de rester sous le seuil des 2 °C

Paris, COP21 – 3 décembre 2015, 15 h 30 : Une étude de la KIC-Climat révèle que la plupart des chefs d’entreprises européens ont préparé des stratégies pour réagir au changement climatique, mais qu’elles négligent l’innovation et risquent d’être inefficaces pour rester sous le seuil des 2 °C.

L’étude de la KIC-Climat, la principale communauté de la connaissance et de l’innovation de l’Union Européenne axée sur le changement climatique, a pour titre Sparking an Innovation Step Change.  Elle évalue le niveau de préparation des dirigeants d’entreprises européens pour déployer des mesures d’innovation radicales destinées à transformer la menace du réchauffement climatique en opportunité. 

La plupart des chefs d’entreprises européens (63 %) sont conscients des risques réglementaires et matériels liés au changement climatique.  63 % estiment également que la lutte contre ce phénomène est un facteur de croissance, puisque la demande de produits et services respectueux de l’environnement augmente.  Face aux risques et opportunités identifiés, la majorité des entreprises (59 %) affirment disposer d’une stratégie pour parer à l’évolution du climat.

Pourtant, malgré leurs ambitions louables, moins de 3 sur 10 (29 %) d’entre elles estiment que ces technologies et méthodes de travail innovantes en faveur du climat sont porteuses.  Elles sont encore moins nombreuses (14 %) à juger leur marge de manœuvre suffisante pour faire évoluer leur modèle économique vers la réduction de la consommation de ressources et des émissions de carbone.

Encore plus préoccupant : plus d’un tiers (35 %) des participants indiquent qu’indépendamment de l’évolution du climat, leur secteur n’est pas soumis aux changements extérieurs, et que toute forme d’innovation est donc inutile. 

Bertrand van Ee, directeur général de la KIC-Climat, explique à l’occasion du lancement de l’étude à Paris :

« L’innovation a joué un rôle déterminant dans la plupart des révolutions socio-économiques.  Le changement climatique ne fait pas exception à la règle.  Les études scientifiques montrent que nous devons redéfinir l’économie pour rester sous le seuil des 2 °C, et l’innovation doit s’inscrire au cœur de la transition. 

Nombre d’entreprises semblent avoir oublié comment innover, ou retardent l’innovation dans l’attente d’une solution politique miracle.  Cette stratégie laisse craindre qu’elles sous-estiment les risques liés au changement climatique, ou qu’elles n’ont pas fixé de délais réalistes pour procéder aux innovations radicales nécessaires pour transformer la menace en opportunité. »

Les services de recherche et développement (R&D) jouent un rôle stratégique dans l’identification des besoins d’un marché en pleine mutation et la manière d’y répondre. Ils ont ainsi fait l’objet d’un examen attentif dans le cadre de l’étude de la KIC-Climat.  Malgré l’apparition du changement climatique parmi les risques évoqués en conseil d’administration, il s’avère que ces services manquent de compétences et de ressources pour relever les défis d’un monde sous contrainte carbone. 

  • Moins de 4 services R&D sur 10 (38 %) possèdent une expertise suffisante pour faire face à l’évolution du climat.
  • La majorité des entreprises (29 %) investissent entre 10 et 20 % de leur budget dans la recherche et le développement, mais environ les deux tiers (63 %) consacrent 5 % de leur budget R&D, et moins, à l’innovation pour lutter contre le changement climatique.
  • Une entreprise sur 10 (11 %) n’y consacre pas un centime.

Si les départements R&D sont les « moins pires » pour comprendre comment réagir au bouleversement climatique, l’enquête souligne néanmoins un grave manque de compétences dans d’autres services importants. 

  • Seules 10 % des équipes comptables et financières, essentielles à l’adoption des stratégies d’entreprise, possèdent des compétences relatives au changement climatique.
  • 6 % des services des ressources humaines, c’est-à-dire ceux chargés d’embaucher des collaborateurs compétents en matière de transition énergétique, en comprennent l’enjeu.

L’étude d’est également penchée sur les obstacles qui poussent les entreprises à privilégier des processus de changement progressifs, ainsi que les solutions possibles pour rompre cette habitude.  Les négociateurs de la COP21 ont reçu un signal clair : les chefs d’entreprises ont besoin de certitudes pour internaliser le défi du changement climatique et mettre en place des innovations pour y répondre. Seules 3 sociétés sur 10 (30 %) affirment que la réglementation sur les changements climatiques les a incitées à innover.

Face à la dimension mondiale du défi climatique, l’enquête a étudié le rôle de la collaboration industrielle pour permettre aux entreprises de résoudre leurs problèmes communs en matière d’émission de carbone. 

  • Deux tiers des sociétés (65 %) considèrent que la législation européenne sur la concurrence a limité leurs capacités de collaboration et de réaction face au changement climatique.
  • Un tiers (33 %) estime que partager les coûts et les ressources pour augmenter la productivité et réduire les émissions leur permettrait de réagir efficacement.
  • 32 % des entreprises considèrent qu’elles pourraient réagir efficacement si elles pouvaient partager les résultats des tests ainsi que les meilleures pratiques permettant d’optimiser la productivité et de réduire les émissions.

Paul Simpson, directeur général du CDP, qui a participé à l’étude du KIC-Climat, explique:

« La plupart des entreprises, notamment dans le secteur des marchandises, ne peuvent pas discuter ensemble ou échanger des idées, car elles risqueraient d’être accusées d’entente sur les prix.  Le droit des affaires a été créé pour empêcher les monopoles, mais il peut freiner le développement durable.  Selon moi, les entreprises doivent dans un premier temps collaborer pour créer un système durable – ce qui ne devrait pas les empêcher de se faire concurrence par la suite. »   

Les conclusions de la KIC-Climat, qui est l’une des principales communautés de collaboration européennes sur le changement climatique, indiquent qu’un meilleur partage de l’information peut favoriser la concurrence, et non la restreindre.  La volonté de collaboration des entreprises est une excellente occasion de faire évoluer la politique en faveur de la diffusion d’innovations radicales pour lutter contre le bouleversement du climat. 

Bertrand van Ee, directeur général de la KIC-Climate, ajoute :

« Les entreprises ont un choix à faire : façonner les besoins et l’impact d’un avenir sans carbone, ou en subir les conséquences.  Les chefs d’entreprises doivent acquérir les connaissances et compétences nécessaires pour adopter une approche plus globale du système.  Les entreprises doivent s’inscrire elles-mêmes dans une démarche d’innovation active : mettre en place des circuits d’innovation radicale à tous les niveaux de leur activité, devenir plus résilientes et se positionner comme leader sur leur marché. »

Les scientifiques estiment qu’en déployant des technologies, les entreprises pourraient réduire l’intensité des émissions industrielles d’environ 25 %. Ce chiffre pourrait encore être réduit de 20 % grâce à l’innovation, avant d’atteindre les limites technologiques dans certains secteurs énergivores[1].

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À propos de la KIC-Climat:

La KIC-Climat est le plus important partenariat public-privé de l’Union Européenne, dont l’ambition est de lutter contre le changement climatique par l’innovation, dans le but de construire une économie zéro carbone.

Nous abordons le changement du climat à travers quatre thèmes prioritaires : les zones urbaines, l’occupation des sols, les systèmes de production et enfin, les mesures d’évolution du climat et leur financement. L’éducation s’inscrit au cœur de ces thèmes, pour inspirer et aider la prochaine génération des leaders de la lutte contre les changements climatiques.

Nous menons des programmes destinés aux étudiants, start-ups et innovateurs via des centres de formation implantés dans les principales villes d’Europe, pour former une communauté réunissant les personnes et organisations les plus brillantes.

Notre approche débute par l’amélioration du mode de vie des citadins. Nous accordons la priorité au secteur industriel, pour créer les produits nécessaires à un meilleur cadre de vie, et nous cherchons à optimiser l’occupation des sols, pour produire la nourriture dont la population a besoin.

La KIC-Climat est soutenue par l’Institut européen d’innovation et de technologie (EIT), un organisme de l’Union Européenne.

Le calculateur COP21, lancé récemment par la KIC-Climat, montre que pour maintenir le réchauffement de la planète en dessous de 2 °C d’ici la fin du siècle, nous devons éliminer l’équivalent des émissions des États-Unis et de l’Union Européenne réunis d’ici 2030. 

À propos de l’étude Sparking an Innovation Step Change: 

L’enquête a été réalisée par le cabinet d’études stratégiques indépendant Edelman Berland, en partenariat avec la KIC-Climat, entre septembre et octobre 2015.

Au cours de la première phase, des entretiens préliminaires approfondis ont été menés avec des dirigeants d’entreprise, des experts en politique et des ONG.  Paul Simpson, directeur général du CDP ; Vincent Champain, économiste à l’Observatoire du Long Terme ; Ged Holmes, directeur commercial d’Open Energi ; Paul Crewe, directeur du développement durable, de l’ingénierie, de l’énergie et de l’environnement chez Sainsbury’s ; et Michael K. Rasmussen, directeur marketing de VELUX, font partie des personnes rencontrées.  Les informations recueillies nous ont permis de formuler des hypothèses et d’établir un questionnaire quantitatif destiné aux cadres supérieurs, pour découvrir les tendances des entreprises européennes en matière de lutte contre le changement climatique.

Lors de la seconde phase, 115 cadres supérieurs d’entreprises européennes (32 sociétés britanniques, 28 françaises, 30 allemandes et 25 italiennes) ont été interrogés.  Les cadres supérieurs ont été définis comme les salariés qui siègent au conseil d’administration de leur entreprise et exercent l’une des fonctions suivantes : président-directeur général, directeur financier, directeur d’exploitation, directeur technique ou informatique.  Répartition par taille d’entreprise:

Entreprises de 101 à 249 salariés – 30 participants (26 % de l’échantillon)

  • Entreprises de 250 à 499 salariés – 27 participants (24 % de l’échantillon)
  • Entreprises de plus de 500 salariés – 58 participants (50 % de l’échantillon)

[1] IPCC, 2014.

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Catherine Ouvrard
+33 (0) 1 69 33 77 46

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